Secourir 20 enfants en état de détresse à Madaya
Publié le : 14-01-2016
Madaya est une des nombreuses villes assiégées par l’une des parties prenantes au sanglant conflit qui n’en finit pas en Syrie. On compte une quinzaine de localités assiégées où survivraient 400.000 personnes dans un dénuement extrême. Début janvier, les Nations Unies ont renouvelé leur appel à un accès humanitaire immédiat pour toutes les zones assiégées ou difficiles d’accès afin de rendre possible l’évacuation des civils et l’acheminement de l’aide humanitaire. Un accès a été autorisé cette semaine dans trois villes assiégées : Madaya, Foua et Kefraya.
A Madaya, en proie à la famine, à une alarmante situation sanitaire et où des centaines de civils sont toujours en attente d’être évacués, vivres et médicaments ont finalement pu être distribués lundi dans la nuit par le Comité International de la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge Arabe Syrien (SARC). Un nouveau convoi humanitaire d’une cinquantaine de camions était en route jeudi.
Alors que lundi l’équipe de SOS Villages d’Enfants Syrie n’avait pu entrer dans la ville assiégée, les quatre collaborateurs SOS ont fait partie de ce nouveau convoi aux côtés du SARC. Longtemps en attente à un checkpoint, l’équipe a pu rencontrer les responsables d’un orphelinat qui l’ont informée qu’à Madaya une vingtaine d’enfants avaient d’urgence besoin d’aide. A la mi-journée, après que son matériel photographique ait été confisqué, l’équipe pouvait enfin accéder à Madaya où elle a remarqué des files de personnes tentant d’obtenir une autorisation pour quitter la ville et a rencontré nombre de personnes dans un état critique.
En début de semaine, Rani Rahmo, directeur de SOS Villages d’Enfants Syrie, affirmait : « Notre priorité est de trouver les enfants séparés de leurs parents et ceux souffrant de malnutrition sévère pouvant bénéficier de nos centres de prise en charge temporaires et de notre programme nutritionnel. Un représentant de l’ONU nous a expliqué qu’il n’y avait pas de faille en ce qui concerne la distribution alimentaire assurée par les organisations spécialisées dans le domaine comme le Programme Alimentaire Mondial. SOS Syrie se concentrera dès lors sur ce qu’elle sait faire de mieux, répondre aux besoins des enfants ». De son côté Ahmed Hussien, à la tête de l’équipe SOS dépêchée à Madaya, précisait : « Nous n’avons pas encore une image claire du nombre d’enfants non accompagnés à Madaya mais nous savons que la situation est terrible. C’est pourquoi une évaluation rapide est essentielle pour voir ce que nous pouvons faire et qui aura l’impact le plus grand pour les enfants dans cette zone ».
Pour l’heure, alors que le SARC s’occupe de la distribution des colis alimentaires de SOS, la priorité est pour l’équipe de localiser au plus vite les 20 enfants dont lui ont parlé les responsables de l’orphelinat et de mener l’évaluation rapide de la situation.