SOS Syrie : Une mère et ses deux enfants évacués de Madaya
Publié le : 30-03-2016
Alors que les négociations sous l’égide de l’ONU se sont achevées à Genève sans résultats notables, la trêve en Syrie tient depuis plus d’un mois et l’acheminement de l’aide humanitaire s’améliore. 260.000 personnes en ont bénéficié. Alors qu’elle entend prochainement aider 1,1 million d’habitants, l’ONU exigeait à la mi-mars un accès aux six zones assiégées encore inaccessibles. Dimanche dernier, la cité antique de Palmyre était reprise à Daech par l’armée syrienne appuyée par l’aviation russe. D’autres villes sous le joug de l’Etat Islamique pourraient à leur tour être reconquises.
SOS Syrie et le SARC sauvent une petite fille blessée
Deux mois et demi après être entrée à Madaya pour faire une première évaluation des besoins des enfants, SOS Villages d’Enfants Syrie a pu évacuer de la ville assiégée une mère et ses deux enfants, une petite fille de cinq ans grièvement blessée par des tirs alors qu’elle se rendait à l’école et son frère d’un an et demi. Cette action a été possible grâce au partenariat engagé dès fin janvier par SOS Syrie avec le Croissant-Rouge Arabe Syrien en vue d’évacuer des enfants non accompagnés et des enfants en danger. La petite a été conduite par une ambulance du SARC dans un hôpital privé de Damas. Après des soins intensifs, elle commence à se rétablir. Sa maman qui remercie SOS, le SARC et tous ceux qui ont secouru sa fillette, confiait récemment à Abeer Pamuk, collaboratrice SOS : « j’espère que comme ma fille de nombreux enfants de Madaya et des autres villes syriennes assiégées pourront être évacués ». Cette mère qui élève seule ses deux enfants depuis que son mari « a disparu », a parlé des terribles conditions de vie à Madaya depuis mi-2015 et plus encore avec l’hiver. Comme beaucoup d’autres, elle a fini par manger ce qu’elle trouvait. « J’ai un abricotier à la maison. Avec les voisins nous avons cueilli les feuilles, les avons fait bouillir avant de les manger. Ma petite et moi pouvions le faire mais pas mon petit qui continuait de pleurer… A la fin, il ne nous restait que du sel et de l’eau. Les dernières semaines, j’ai vraiment cru que nous allions tous mourir ».
« Les droits des enfants ne sont pas négociables »
Pour Alia Al-Dalli, directeur international de SOS pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, « l’évacuation de cette mère et de ses deux enfants de Madaya constitue une avancée majeure dans les négociations en cours en ce qui concerne le transfert sûr des enfants vulnérables des villes assiégées de Syrie. SOS Villages d’Enfants continue de travailler en étroite coopération avec le Croissant-Rouge Arabe Syrien en vue de l’évacuation d’autres enfants blessés, vulnérables et non accompagnés de Madaya, Kefraya et Foua. Nous appelons toutes les parties à élargir l’accès à l’aide humanitaire et à permettre une évacuation sûre de la plupart des enfants vulnérables. L’étape suivante essentielle est de garantir que ces enfants reçoivent d’urgence une prise en charge médicale et nutritionnelle et qu’ils se retrouvent en sécurité dans un environnement protecteur. Nous remercions tous ceux qui sont impliqués dans les négociations et dans l’assistance du SARC et des Nations Unies. Cette évacuation est le premier pas d’un long chemin pour atteindre d’innombrables autres enfants syriens vulnérables. Les droits des enfants ne sont pas négociables. Il n’est pas acceptable, même en temps de guerre, que des enfants soient privés de nourriture, d’abri, d’éducation et de prise en charge ».