SOS Népal sur le terrain
Publié le : 04-05-2015
Le terrible séisme qui s’est abattu le 25 avril sur le Népal, suivi à ce jour de très nombreuses et violentes répliques, a fait d’innombrables victimes en particulier dans la capitale et dans la vallée de Katmandou (districts de Katmandou, Lalitpur et Bhaktapur). Le terrifiant bilan humanitaire s’alourdit de jour en jour. Une semaine après le séisme, on compte 7.000 morts, 14.000 blessés et, sur 28 millions d’habitants, 8 millions de personnes touchées (dont 2,8 millions d’enfants selon l’Unicef). L’urgence est le secours aux rescapés mais la distribution de l’aide humanitaire reste problématique et les villages isolés sont toujours inaccessibles. Les dégâts matériels sont considérables, des centaines de milliers d’habitations ayant été détruites ou endommagées forçant leurs habitants à fuir, notamment dans la capitale dévastée, et à trouver refuge ailleurs. En priorité, les sinistrés ont besoin d’abris, de vivres, d’eau potable et de soins médicaux. Il y a urgence alors que la saison de la mousson approche, et avec elle les risques d’épidémies, et que les défis seront de plus en plus grands pour déployer l’aide humanitaire.

SOS Népal travaille avec les autorités
Active depuis plus de 40 ans, SOS Villages d’Enfants Népal a réagi immédiatement après la catastrophe pour évaluer les besoins et pouvoir, en partenariat avec les autorités, mettre en place une aide d’urgence pertinente. Il s’agit de secourir les victimes et protéger en priorité les enfants, notamment ceux séparés de leurs parents en raison de la catastrophe, avant de planifier des mesures de réhabilitation sur le long terme. Shankar Shree Pradhananga, directeur de SOS Népal, expliquait : « Le gouvernement du Népal a peu d’argent. Il dépend d’organisations comme SOS Villages d’Enfants. En même temps, nous avons besoin du soutien du gouvernement. Le Ministère de la femme et du développement de l’enfant coopère avec nous. Nous faisons partie du comité pour l’identification et la réhabilitation des enfants non accompagnés. Cela nous aide ».
Jeunes et mères SOS solidaires
L’association qui avant le séisme aidait quelque 9.500 enfants et gérait entre autres 10 villages d’enfants, peut compter sur ses ressources humaines et matérielles. De nombreuses familles rescapées, redoutant de nouveaux séismes, se sont tournées vers SOS Népal pour trouver refuge dans un village d’enfants ou un camp d’urgence. Plusieurs équipes SOS sont actives sur le terrain. Par solidarité, de nombreux jeunes et mères SOS aident les sinistrés, leur apportant vivres, réconfort et écoute. « Je veux aider ces personnes qui ont tout perdu. Nous, nous sommes chanceux, nos maisons ne sont pas endommagées, ma mère, mes frères et sœurs SOS, se portent bien et on est ensemble. Ces personnes n’ont rien. Je ne peux pas faire grand-chose sauf aider à distribuer des repas préparés par ma mère SOS et faire du bien » a confié un jeune volontaire du camp d’urgence SOS de Kavre à Shubha Murthi, directrice de SOS Asie. Celle-ci témoigne : « Pendant que les docteurs soignent les blessures physiques, les Mères SOS et les adolescents du Club des Jeunes du Village d’Enfants SOS de Kavre soutiennent émotionnellement et moralement les familles. C’est particulièrement touchant de voir comment les adolescents s’occupent des victimes et leur servent des repas ». Le camp d’urgence de Kavre abrite temporairement quelque centaines de bénéficiaires dont un tiers d’enfants, la plupart venant de Sindhupalchok, une des communes les plus dévastées (90% d’habitations détruites !). Grièvement blessés, ils n’auront nulle part où aller quand le camp fermera ses portes !

Des espaces d’accueil pour des milliers d’enfants
A côté des indispensables premiers secours, SOS Népal s’est engagée à prendre en charge les enfants non accompagnés et à tenter de réunifier les familles, à ouvrir des espaces d’accueil pour des milliers d’enfants dont beaucoup sont traumatisés et des centres de prise en charge sociale pour appuyer et renforcer (notamment en termes de moyens de subsistance) des centaines de familles de Dolkha, Sindhupalchok, Patan, Kavre et de petits villages alentours. Au 1er mai, 9 espaces d’accueil pour les enfants étaient opérationnels. D’autres sont en passe d’être créés à Kavre, Pokhara et dans la vallée de Katmandou. Ouverts dans des camps d’urgence, des hôpitaux ou à proximité des infrastructures SOS, ils permettent de protéger et veiller au bien-être des enfants, leur offrant repas, soins de santé, soutien psychosocial, activités récréatives… tout en rassurant les familles qui peuvent alors se consacrer à l’urgence du quotidien et à la reconstruction de leurs vies. La jeune Ayesha de dix ans a ainsi trouvé un îlot de sérénité au sein de l’espace d’accueil mis en place dans le centre médical d’Harisiddhi dans le district de Lalitpur. Elle raconte : « Je ne veux pas retourner à l’école. Beaucoup de gens disent qu’un nouveau séisme va se produire. L’école n’est pas sûre. Je n’ai pas revu mes amis pour l’instant. Ils sont partis ailleurs. Nous sommes tous effrayés ». De nombreuses écoles ont été détruites ou fortement endommagées. SOS Népal devrait participer à la rénovation d’écoles publiques de même qu’à la (re)construction de logements pour que les communautés puissent se relever durablement. Une chose est sûre, la réhabilitation s’annonce d’une ampleur considérable !
Vous pouvez soutenir ce programme et faire un don sur le CCPL LU65 1111 0050 0053 0000 (Mention « Urgence Népal ») ou en ligne.