Ji Young Lim, lauréate du Concours Reine Elisabeth 2015
Publié le : 09-12-2015
« Ce concerto est une sorte de rêve »
Entre deux concerts dans son pays natal, la jeune violoniste sud-coréenne Ji Young Lim, née en 1995, est de passage à Luxembourg - où elle est déjà venue une fois - pour se produire avec l’OPL placé sous la direction du chef vénézuélien Christian Vásquez. Pour l’occasion, elle a choisi le Concerto pour violon et orchestre en mi mineur opus 64 de Felix Mendelssohn. Ce concert de bienfaisance, 40e Gala de Noël de S0S Villages d’Enfants Monde, est donné au bénéfice des enfants et familles victimes des séismes qui ont ravagé le Népal ce printemps. En compagnie de Sophie Glesener, directrice de SOS Villages d’Enfants Monde, nous avons eu la chance de rencontrer la jeune virtuose qui respire la gaieté et la simplicité, dans l’accueillant foyer de la Philharmonie. Un lieu paisible qui séduit la jeune Ji Young Lim visiblement ravie de s’y produire le 10 décembre.
Comment est née votre passion pour la musique et pour le violon en particulier ?
Ma mère était pianiste, elle n’était pas vraiment professionnelle mais jouait pour elle-même. J’ai ainsi toujours grandi dans un environnement musical. Toute petite, vers 5 ans, ma mère a commencé à m’apprendre le piano mais je n’étais pas heureuse avec cet instrument, il ne me convenait pas. J’ai voulu changer, j’ai essayé plusieurs autres instruments, le violoncelle, la flûte, j’ai même essayé de chanter… mais le violon est vraiment l’instrument avec lequel je suis le plus à l’aise. J’ai donc commencé le violon et il a pris une place de plus en plus importante dans ma vie et maintenant il est ma vie.
Vous êtes toute jeune mais avez déjà un très beau palmarès, reçu de nombreux prix. Que représente aujourd’hui pour vous le Prix Reine Elisabeth ?
Le Concours Reine Elisabeth représente un grand tournant de ma vie. Je suis encore très jeune mais jusque-là c’est le plus grand tournant (rires). Avant ce concours, j’étais comme tous les étudiants, travaillant dur, essayant de faire au mieux. Mais comme j’ai toujours voulu me lancer des défis et que je voulais savoir comment ce que je faisais était perçu à l’étranger, je me suis régulièrement présentée à des concours. Le Concours Reine Elisabeth était pour moi le grand objectif. Quand j’étais petite, je rêvais déjà de gagner ce concours, mais je pensais plus tard, vers mes 27 ans. En fait c’est venu si rapidement ! A 20 ans, je suis chanceuse ! Maintenant je ne dois plus être en compétition avec d’autres musiciens, c’est important pour moi de ne plus l’être car ils sont tous si bons, si fantastiques…
Vous avez séduit le jury du Concours Reine Elisabeth avec Brahms mais le 10 décembre vous jouerez Mendelssohn. Que vous inspire son concerto ?
Mendelssohn est mon compositeur préféré. En fait il y en a beaucoup (rires). J’écoute ce concerto depuis mon plus jeune âge, peut être même que c’est le premier concerto de violon que j’ai entendu… il est très populaire, tout le monde le joue. Il a une atmosphère très spéciale, très romantique. Mendelssohn est un des rares compositeurs à avoir eu une vie très aisée. Il a évolué dans un environnement protégé, c’est pourquoi sa musique est si belle, si simple, si pleine d’émotion. C’est la première fois que je joue ce concerto avec un orchestre et j’en suis très enthousiaste, auparavant je le jouais pour moi-même. Ce concerto est une sorte de rêve qu’on voudrait ne pas voir s’arrêter… il va bien avec cette ville de Luxembourg qui est très belle et avec les vacances et la fin de l’année, ce sera très beau, c’est pourquoi je l’ai choisi.
Les bénéfices du concert sont au profit de SOS Villages d’Enfants Monde pour les enfants les plus vulnérables dans le monde. Est-il important pour une artiste comme vous d’être engagée dans son temps ?
Oui, bien sûr c’est important et je le comprends d’autant mieux que j’ai 20 ans et que je sors juste de l’enfance. Et puis avant d’être artiste, je suis un être humain. Je pense que nous devons tous avoir conscience de ce qui se passe dans le monde, surtout du côté des enfants. Ils ont besoin de soutien. Les artistes doivent s’engager, être attentifs aux enfants, à ce qu’ils apprennent, à ce qu’ils regardent, à ce qu’ils écoutent. Quand je pense à moi, je réalise combien mon environnement musical a été bénéfique… Oui, nous devons être concernés, nous devons nous engager envers les autres et essayer de partager et de transmettre ce que nous avons nous même reçu.
(Propos recueillis le 8 décembre 2015)