Mozambique/Malawi : stopper le choléra
Publié le : 22-02-2015
Après les terribles inondations du début de l’année, les milliers de familles déplacées au Malawi et au Mozambique ont besoin de tout. Elles sont aujourd’hui aussi confrontées à une redoutable épidémie de choléra…
L’urgence est là, au Malawi et au Mozambique où, suite aux inondations, les populations vivent dans un état de détresse. Les Nations Unies viennent d’annoncer que 10,2 millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence (Central Emergency Response Fund) seront attribués à des milliers de familles toujours déplacées. Au total, plus de 230.000 personnes au Malawi et 50.000 au Mozambique. Ces communautés qui ont tout perdu et se retrouvent dans des abris de fortune ne peuvent plus assurer leurs besoins essentiels. Les fonds permettront d’apporter une assistance d’urgence (nourriture, abris, eau potable, installations sanitaires…) et des aides dans le domaine de l’agriculture. Au Malawi et au Mozambique, les premiers cas mortels de choléra ont été recensés. Une rapide propagation de l’épidémie est aujourd’hui à craindre. Dans ces deux pays, SOS Villages d’Enfants se mobilise pour mettre en œuvre des mesures d’aide d’urgence pour protéger les enfants et les familles les plus vulnérables.
SOS Mozambique : sensibiliser les populations au choléra
Face à la rapide propagation du choléra, SOS Villages d’Enfants Mozambique a décidé de se joindre à d’autres partenaires, notamment à Tete, ville voisine du Malawi, où de nombreux cas de choléra ont d’ores et déjà été enregistrés. Les équipes SOS ont mis en place de strictes mesures de précaution dans leur village d’enfants de Tete et viennent de démarrer une campagne de sensibilisation auprès des bénéficiaires des six programmes de renforcement des familles de la région. Ceux de Degue et de Caphaia sont particulièrement exposés à une éventuelle flambée de l’épidémie. Les travailleurs sociaux SOS ont ainsi rencontré les organisations et les leaders communautaires pour préparer un plan d’action en accord avec les efforts du gouvernement. «La plupart des communautés que nous soutenons n’ont pas de toilettes et boivent de l’eau qui n’est pas traitée avec du chlore. Dans ces conditions, elles peuvent rapidement être touchées par de telles épidémies» explique le coordinateur des programmes de renforcement des familles de Tete. Pour l’équipe SOS, l’objectif est clair, il s’agit d’éviter toute transmission du choléra au sein des communautés par des mesures d’urgence puis de s’assurer que la maladie soit bien comprise et prévenue à travers des mesures efficaces. Pour ce faire, il s’agit notamment d’équiper avec du matériel d’hygiène les écoles qui se trouvent loin des cliniques, de distribuer seaux et savon antibactérien aux familles rurales, voire de construire des toilettes d’urgence.
SOS Malawi : réunification des familles et premiers secours
Au Malawi, où quinze districts ont été placés en état d’urgence, le bilan est lourd : 104 morts, 172 personnes disparues, 645 blessés et 49.200 ha de terres agricoles ravagés par les inondations (OCHA, rapport hebdomadaire, 10-16/02/2015). La situation risque d’empirer s’il n’y a pas d’urgence une intervention. Les familles qui ont tout perdu, notamment leurs maisons, ne seront pas capables de se relever de sitôt alors que les prochaines récoltes ont été anéanties. Pour l’heure, des centaines de milliers de personnes sont déplacées et survivent dans des abris de fortune (écoles, églises ou bâtiments publics). Dans le sud du pays, région la plus touchée, des milliers d’enfants sont séparés de leurs parents. Pour le directeur de SOS Malawi, l’objectif est de permettre au plus grand nombre de retrouver au plus vite un foyer décent et un environnement familial chaleureux. Notamment à Blantyre et à Ngabu où plus de 1.600 enfants « ne vivent plus sous le même toit que leurs parents depuis que leurs maisons ont été balayées par les inondations et qu’ils ont été recueillis par des voisins » explique le coordinateur national des programmes de renforcement des familles.
Pire, des milliers d’enfants et d’adultes vivent dehors sans moustiquaires ni eau potable et sans accès à des soins médicaux. L’eau stagnante est un danger. Voilà pourquoi l’équipe SOS tout en s’attelant à réunifier les familles appuie des interventions d’urgence pour leur assurer abris propres et sûrs, eau potable, nourriture et soins médicaux. Les plus jeunes sont frappés par le paludisme et la propagation du choléra est particulièrement préoccupante. « Les inondations dévastatrices au Malawi sont les pires depuis deux générations. Plus de 600.000 personnes sont touchées et 250.000 ont été déplacées. SOS Villages d’Enfants se focalise sur les victimes les plus vulnérables : les enfants. Nous nous efforçons d’apporter de la nourriture, également des compléments nutritionnels, de distribuer des produits non alimentaires comme des traitements chimiques pour l’eau et de favoriser un accès aux soins médicaux. Côté réhabilitation, nous mettrons en place des espaces d’accueil pour les enfants et favoriserons l’accès à l’éducation » souligne Richard Pichler, CEO de SOS Villages d’Enfants.