Népal : Six mois après le séisme
Publié le : 25-10-2015
Entre fin avril et mi-octobre, 400 collaborateurs SOS ont dispensé plus de 100.000 services à plus de 8.000 bénéficiaires. Avec l’arrivée de l’hiver et l’instabilité politique, les défis sont grands.
La vie reprenait peu à peu son cours mais six mois après le séisme grèves et blocages affectent le quotidien des populations. La reconstruction n’a pour ainsi dire pas démarré, ce qui pourrait avoir de lourdes conséquences. Alors que les minorités contestent la nouvelle structure fédérale et dénoncent la Constitution promulguée le 20 septembre (elles y sont toujours marginalisées), grèves et protestations se sont intensifiées dans la région de Tarai. Le blocage des produits en provenance de l’Inde et l’instabilité politique sont d’actualité. Le pays perd de l’argent chaque jour. Les produits essentiels (médicaments, essence, gaz, nourriture) manquent et les prix de certains produits alimentaires grimpent à toute vitesse, rendant beaucoup de ces produits inaccessibles. Partout dans le pays, les travaux de construction sont retardés à cause du peu de matériel de construction, comme le ciment ou les barres de fer, et de l’embargo. Nombre d’entreprises de construction ont annoncé leur fermeture.
La poursuite des projets SOS à la mi-octobre
A la mi-octobre, 400 collaborateurs et volontaires SOS avaient dispensé plus de 100.000 services, notamment des services essentiels, à plus de 8.000 bénéficiaires. Alors que le rude hiver approche, SOS Népal entend distribuer des kits d’hivernage. Mais les troubles politiques commencent à toucher les localités où SOS Népal développe son aide à la reconstruction. Aussi les défis sont-ils grands pour la poursuite des programmes et pour atteindre les objectifs fixés. SOS Népal reste en attente de l’approbation de l’autorité de reconstruction pour ses projets.
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Espaces d’accueil pour les enfants : Sur les 25 espaces d’accueil ouverts pour 2.000 enfants au plus fort de l’urgence, 9 étaient toujours opérationnels mi-octobre dans les districts de Bhaktapur, Katmandou et Kavre et délivraient plus de 79.000 services à 985 enfants. A côté des services essentiels, de la distribution d’uniformes et de matériel éducatif, ils proposent depuis cet été soutien scolaire et repas équilibrés. La plupart étant situés dans des régions montagneuses, SOS Népal a par ailleurs distribué avant l’hiver des vêtements chauds à 1.050 enfants. L’espace d’accueil de Bode (district de Bhaktapur) vient de fermer ses portes car les personnes déplacées internes du camp de Bode sont retournées chez elles à Sindhupalchowk. Les élèves de ce camp ont reçu matériel scolaire, articles de toilette, kits d’hygiène et de santé.
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Home in a Box : Des « Home in a Box », cartons de produits alimentaires et d’articles ménagers essentiels (couvertures, draps, articles de toilette, matériel de cuisine, riz, huile…), sont remis à des centaines de familles dans plusieurs communautés. A la mi-octobre 357 « Home in a Box » avaient été distribués (pour 1.704 bénéficiaires). D’ici décembre, 608 autres devraient l’être.
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Livelihood Programme : 94 familles ont bénéficié d’un support matériel/formatif pour leur permettre de retrouver moyens de subsistance et sources de revenus (secteurs d’activité : tricot, couture, bétail, élevage de volailles, agriculture, épicerie, électricité…). Des discussions sont en cours concernant la mise en place d’une police d’assurance.
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Kinship Programme : « Programme filiation » avec soutien dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la prise en charge pour des enfants orphelins ou séparés de leurs parents et pris en charge par des membres éloignés de leur famille (200 familles identifiées). Mi-octobre, 28 enfants de la communauté de Rayale (district de Kavre) en étaient bénéficiaires. Sur le terrain, la collecte des documents nécessaires pour l’élargissement du programme, se poursuit.
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Construction de 300 logements résistants aux séismes : trois districts fortement touchés par les séismes (Sindhupalchowk, Dolkha et Bhaktapur) sont ciblés, en particulier les communautés de Lakuridanda, Bhimtar et Pokharelgoan où les familles sont soutenues depuis la catastrophe. Le programme est en cours de planification (la plupart des expertises finalisées, les plans en passe de l’être mais les directives gouvernementales de reconstruction ne sont pas disponibles).