La poursuite des actions SOS en Syrie

Publié le : 15-02-2016

Depuis début février, la situation change chaque jour en Syrie. A peine démarrés le 29 janvier les pourparlers de paix à Genève sous l’égide de l’ONU ont brusquement été arrêtés et repoussés au 25 février en raison de l’assaut des forces gouvernementales, appuyées par la Russie, lancé le 1er février sur la province d’Alep, contraignant plus de 50.000 personnes à fuir. Pour l’heure, des dizaines de milliers de personnes qui ont pris le chemin de l’exode sont toujours bloquées à la frontière turque.

A Munich où étaient réunis les Etats-Unis, la Russie et les principaux alliés, une cessation des hostilités a été annoncée le 12 février. Elle devrait prendre effet à la fin de cette semaine de manière à pouvoir reprendre les négociations. Mais l’arrêt temporaire des bombardements semble déjà compromis. L’accord sur l’accès de l’aide humanitaire négocié en parallèle devrait lui entrer en vigueur.
 
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SOS fera tout pour accompagner les enfants
Alia Al-Dalli, directeur international de SOS pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, a réagi : « SOS Villages d’Enfants accueille favorablement la signature de l’accord international concernant la cessation des hostilités en Syrie. Les droits des enfants sont universels et inconditionnels. Nous espérons que cette cessation des hostilités amènera rapidement une amélioration des moyens mis en œuvre pour soutenir les enfants vulnérables. Dans toute situation - en temps de guerre comme en temps de paix - les droits de l’enfant ne sont pas négociables. Il n’est pas acceptable, même en temps de guerre, que des enfants soient privés de nourriture, d’abri et de prise en charge.

Comme nos collègues d’autres organisations travaillant sur le terrain de l’urgence pour soulager la souffrance des enfants et de l’ensemble des civils, nous attendons de voir comment l’arrêt des combats se concrétisera sur le terrain en Syrie. Notre espoir est grand qu’un accès total à l’aide humanitaire et médicale soit autorisé dans les zones assiégées à Madaya, Kefraya et Foua, comme dans les 13 autres villes encerclées identifiées par les Nations Unies »
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Ce 15 février, l’équipe d’urgence de SOS pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord se réunira pour (re)définir les interventions en Syrie pour les six prochains mois, explique Alia Al-Dalli qui rappelle que 7,6 millions d’enfants ont aujourd’hui besoin d’assistance humanitaire et qu’il y a des dizaines de milliers d’enfants non accompagnés.
 
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Les dernières nouvelles du terrain
Le programme d’aide d’urgence de SOS Syrie en direction des enfants et familles a évolué au fil des ans et se focalise désormais sur le soutien éducatif, la prise en charge temporaire et l’accueil de jour des enfants. Alors que l’hiver s’est installé, SOS Villages d’Enfants Syrie coordonne, avec notamment des acteurs humanitaires comme Unicef, un plan d’hivernage comprenant la distribution de vêtements chauds pour les enfants tant à Damas qu’à Alep. Elle continue aussi sa distribution de colis alimentaires aux familles déplacées internes.

550 enfants bénéficient de programmes d’éducation informelle
Le centre d’éducation SOS d’Alep poursuit son programme d’éducation informelle pour 550 enfants dont une centaine d’élèves (entre 6 et 15 ans) qui viennent de démarrer des cours d’arabe, d’anglais, de maths et de sciences. A Damas, les deux centres de prise en charge temporaires suivent le programme éducatif de SOS Villages d’Enfants basé sur les programmes officiels du pays. L’équipe pédagogique SOS aide à la scolarisation des enfants et assure un suivi avec leurs enseignants. Les plus grands bénéficient lorsqu’ils sont déscolarisés d’un programme spécifique. En décembre dernier, des cours du soir et des leçons privées ont été mis en place.

300 enfants dans 3 centres de prise en charge temporaires
Plus de 300 enfants ont été pris en charge dans les deux centres de prise en charge temporaires à Damas rural et dans celui ouvert récemment à Alep. Toutes les activités éducatives, médicales, internes et externes se poursuivent de manière à ce que chaque enfant participe aux activités et développe ses connaissances et capacités. 

8.000 enfants dans trois espaces d’accueil de jour
Les deux espaces d’accueil de Damas et celui d’Alep ont accueilli en 2015 des milliers d’enfants, plus de 8.200 depuis novembre 2014. Les deux espaces d’accueil de la capitale ont mis l’accent sur le soutien émotionnel et psychosocial en direction des enfants et de leurs familles. A Alep, où la situation sécuritaire est depuis des mois particulièrement alarmante, le centre propose un soutien éducatif, psychosocial et émotionnel mais aussi des services médicaux et des séances de sensibilisation aux enfants et aux mères.

Evacuer les enfants des villes assiégées !
A Madaya, la situation humanitaire se dégrade. Mi-janvier, une équipe de SOS Villages d’Enfants Syrie a pu y entrer pour faire une première évaluation des besoins des enfants. A cette occasion, elle s’est rendue dans un orphelinat de la périphérie qui pourrait accueillir dans un premier temps les enfants que SOS compte évacuer, leur sortie de Madaya restant pour l’heure très incertaine. La situation est particulièrement complexe alors que le même nombre d’enfants doit être évacué simultanément de Madaya, Foua et Kefraya. L’équipe qui a rencontré fin janvier des responsables du Croissant-Rouge Arabe Syrien en vue de l’évacuation des enfants espère pouvoir poursuivre ce partenariat.