La détresse partout en Syrie

Publié le : 24-01-2016

Alors que les pourparlers de paix sous l’égide des Nations Unies devraient démarrer dans les prochains jours, les nouvelles de Syrie restent alarmantes. Après l’annonce de l’attaque de Deir Ezzor par Daesh (135 tués et 400 civils enlevés) à la mi-janvier, des raids aériens ont fait ce week-end 70 nouvelles victimes toujours dans l’est du pays. Par ailleurs, l’urgence est toujours là dans les villes assiégées de Madaya, Foua et Kefraya.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a exigé la fin immédiate du siège des villes et l’accès humanitaire total pour pouvoir secourir les civils. 120 organisations et agences internationales ont aussi lancé un appel et mis en ligne une pétition pour réclamer la fin des souffrances en Syrie.

Quatre membres de SOS Villages d’Enfants Syrie ont fait partie des premiers arrivés avec les convois humanitaires à Madaya et ont pu y entrer le 14 janvier pour mener une première évaluation sur la situation des enfants. Parmi eux, Abeer Pamuk qui raconte : « La situation est vraiment accablante pour tous, plus particulièrement pour les enfants. Aucun de ceux que j’ai rencontrés n’avait l’air en bonne santé. Ils sont tous pâles et maigres. Ils peuvent à peine parler ou marcher. Leurs dents sont noires, leurs gencives saignent, ils ont de graves problèmes de santé ». SOS entend évacuer les enfants non accompagnés et ceux en danger vers ses centres de prise en charge temporaires de Damas et leur garantir la protection, la prise en charge et l’aide médicale dont ils ont besoin. Pour ce faire, elle renforcera sa collaboration avec les organisations internationales. Le 21 janvier, l’ONG a rencontré des responsables du Croissant-Rouge Arabe Syrien (SARC) pour travailler ensemble à l’évacuation des enfants.

Alia Al-Dalli, Directeur international de SOS pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord avait quelques jours plus tôt rappelé que SOS était prête à aider les enfants et leurs familles à Madaya et dans les autres villes assiégées. « Alors que nous avons connaissance de la profonde souffrance qu’endurent tous les Syriens depuis près de cinq ans de conflit, les enfants sont parmi les groupes les plus vulnérables aux traumatismes physiques, sociaux, émotionnels dus aux privations de la guerre. Afin de pouvoir répondre de manière urgente à leurs besoins, nous appelons le gouvernement syrien, les forces de sécurité et toutes les parties en conflit à immédiatement :
 
  • permettre l’évacuation en sécurité des enfants en danger et de ceux sans prise en charge parentale de Foua, Kefraya et Madaya vers des abris sûrs, incluant les centres de prise en charge temporaires de SOS Villages d’Enfants en Syrie
 
  • garantir aux organisations non-gouvernementales et aux agences internationales un accès sûr et sans entrave vers ces villes pour secourir les enfants malnutris, en danger ou privés de prise en charge de même que pour porter assistance à la population souffrante à l’intérieur de ces zones assiégées.