Cessation des hostilités en Syrie

Publié le : 29-02-2016

Alors qu’un premier accord sur la cessation des hostilités en Syrie à la mi-février avait volé en éclats avant même de démarrer, une trêve est entrée en vigueur ce samedi 27 février à minuit. Un peu de calme est revenu sur Damas et Alep. Dimanche soir, la trêve semblait « globalement respectée » malgré des raids qui se sont poursuivis notamment dans la province d’Alep.

Négociée par les Russes et les Américains, cette cessation des hostilités concerne l’armée syrienne et les groupes rebelles réunis au sein du Haut Comité des Négociations. Les deux parties ont accepté la semaine dernière cette trêve provisoire de deux semaines. Les forces kurdes de Syrie s’y sont ralliées. En revanche, elle ne s’applique ni à l’Etat Islamique ni au Front Al-Nosra, le gouvernement ayant annoncé qu’il continuerait à combattre les « groupes terroristes ». Sur le terrain, la situation est complexe alors que certains rebelles et le Front Al-Nosra sont alliés dans plusieurs régions.

Du côté des rebelles, le respect de la trêve est conditionné par la mise en œuvre des dispositions humanitaires de la résolution des Nations Unies votée le 18 décembre dernier. Il s’agit notamment de protéger les civils, de libérer les prisonniers et de permettre l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire dans les zones assiégées. Suite à l’accord de Munich du 12 février, des camions ont transporté de l’aide humanitaire dans cinq localités encerclées et l’ONU a procédé, hélas sans succès, à un premier largage aérien de ravitaillement sur la ville de Deir-ez-Zor.

Depuis 2011 et le début du conflit qui a fait 270.000 morts et quelque 11 millions de déplacés, cette trêve est le premier signe tangible vers une sortie de crise et une solution politique. Si elle tient, elle pourrait ramener à partir du 7 mars à Genève, sous l’égide de l’ONU, les parties prenantes autour de la table des négociations. Reste que pour l’heure, la question d’une transition politique pourrait être compromise par l’annonce par le régime de Damas d’élections législatives pour le 13 avril.

Alors que le 15 mars l’insoutenable conflit aura cinq ans, pour la première fois la paix en Syrie semble possible. L’espoir est immense pour le peuple syrien et pour les acteurs humanitaires. C’est le cas de SOS Villages d’Enfants Syrie qui planifie actuellement la poursuite de ses actions en direction des enfants et des familles en détresse pour les six prochains mois.