Amérique latine : SOS vigilante face au virus Zika

Publié le : 09-02-2016

Alors que le virus Zika se propage à une vitesse « grand V » en Amérique latine, SOS Villages d’Enfants met en place des mesures de précaution et de prévention.  

Apparu en mai 2015 au Brésil et désormais identifié dans une trentaine de pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, le virus Zika fait des ravages. Le 1er février, l’Organisation Mondiale de la Santé décrétait que l’épidémie était « une urgence de santé publique de portée mondiale » et appelait les pays touchés à surveiller de près les cas de syndromes de Guillain-Barré et de microcéphalies mais aussi à intensifier les recherches scientifiques sur ce virus pour lequel il n’y a encore ni traitement ni vaccin.

Le virus Zika a déjà touché 1,5 million de personnes au Brésil et on redoute plusieurs millions de cas sur le continent américain. Pour le seul mois de janvier, la Colombie en a identifié 20.000. Le virus est transmis par des piqûres de moustiques (Aedes aegypti ou moustiques tigres), ceux-là même qui transmettent le chikungunya et la dengue. La plupart du temps, les symptômes sont de type grippal et disparaissent assez rapidement.  Mais le virus est aujourd’hui soupçonné d’être responsable du syndrome neurologique de Guillain-Barré et aussi de malformations chez le fœtus qui pourraient entraîner des microcéphalies. Au Brésil, plus de 4.000 cas de microcéphalies auraient été détectés chez des nourrissons ! Si le lien entre la transmission du virus Zika par des moustiques et ces graves anomalies du développement cérébral n’a pas encore été démontré, l’OMS a appelé les communautés à protéger d’urgence femmes enceintes et nourrissons. Le 5 février, l’ONU demandait aux pays touchés d’autoriser l’accès des femmes à la contraception et à l’avortement.

Les programmes SOS en Amérique du Sud
Danielle Pereira, correspondante du département « développement et communication » de SOS en Amérique latine et dans l’espace Caraïbe, a répondu aux questions de SOS Villages d’Enfants International et témoigne de la situation : « Fort heureusement, il n’y a pas de cas de virus Zika signalé parmi les bénéficiaires ou le personnel de nos programmes. Au Brésil, il n’y a aucun cas de bébés atteints de microcéphalies qui aurait rejoint nos programmes ou de femmes enceintes soutenues par SOS qui seraient susceptibles de porter un bébé atteint de ces désordres neurologiques ». Une chose est sûre dans la plupart des pays où SOS est présente, les associations s’organisent pour mettre en place des mesures de prévention et de contrôle. « En Colombie, les directeurs de villages encouragent les mères SOS à protéger les enfants en utilisant des répulsifs. Ils appellent aussi à utiliser du chlore pour laver les réservoirs d’eau ». Danielle Pereira explique qu’en Equateur où 17 cas de microcéphalies ont été confirmés depuis le début de l’année, les programmes SOS agissent de manière préventive, dans les provinces les plus touchées : fumigation hebdomadaire des maisons, distribution de répulsif et élimination des sites de reproduction des moustiques. Au Paraguay aussi de telles actions sont de rigueur. Danielle Pereira détaille par ailleurs les actions en cours en Argentine. « Dans le Village d’Enfants SOS d’Oberá situé dans la province de Misiones, frontalière du Brésil, toutes les maisons ont été fumigées, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, en raison de l’identification dans cette région du virus de la dengue. Formés, les jeunes réunis en groupe de travail sensibilisent les communautés. Ils ont ainsi réalisé des brochures d’information qu’ils distribuent dans la ville d’Oberá pour alerter les gens au danger de la dengue ».