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24-01-2018

SOS reste mobilisée en Syrie

La Syrie semble avoir un peu déserté la Une des médias. Et pourtant ! Malgré la chute officielle de Daech, la violence n’a de répit et la guerre continue de faire des ravages aux quatre coins du pays, notamment dans la région assiégée de la Ghouta orientale et à Idlib. Et, depuis ce week-end, les forces turques ont lancé une offensive dans l’enclave kurde d’Afrin.

Après l’échec des dernières négociations de décembre à Genève, les pourparlers sous l’égide de l’ONU doivent reprendre à Vienne les 25 et 26 janvier pour tenter une nouvelle fois de réactiver le processus de paix et de transition politique. Quelques jours plus tard, le 30 janvier, d’autres pourparlers, dans le sillon des négociations d’Astana parrainées par les Russes, les Turcs et les Iraniens, devraient s’ouvrir à Sotchi. Par ailleurs, ce 23 janvier près de 30 pays sont réunis dans la capitale française pour mettre en place « un partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques ». Que peut-on attendre de ces réunions ?

Voilà sept ans que la Syrie est le terrain d’une insoutenable guerre que se livrent de nombreuses forces en présence. Une chose est sûre, les violations du droit humanitaire international, les exactions et les crimes de guerre perdurent et les civils continuent d’en être les premières victimes. La situation humanitaire se détériore encore. Le bilan est terrible : plus de 340.000 morts, des dizaines de milliers de personnes disparues, 13 millions de personnes en besoin d’aide humanitaire, des millions de personnes jetées sur les routes à la recherche d’un refuge et une génération d’enfants sacrifiée.

Un centre d’accueil aux portes de la capitale

Depuis des années, SOS Villages d’Enfants Syrie s’attelle du mieux qu’elle peut, même si elle doit souvent adapter son intervention, à apporter un soutien, avec ses partenaires, aux populations en danger à travers une assistance humanitaire, des soins médicaux, des centres d’accueil temporaires pour enfants non accompagnés tout en essayant de réunifier les familles, des espaces amis des enfants où l’accent est mis sur le soutien psychosocial ou des centres d’éducation. Pour l’heure, SOS Villages d’Enfants Syrie intervient essentiellement à Damas, Alep et Tartous. Dans la capitale, elle a ouvert à l’automne dernier un deuxième village d’enfants pour accueillir des enfants non accompagnés hébergés jusque-là dans des centres d’accueil temporaires. A Jaramana, aux portes de Damas, là même où échouent d’innombrables déplacés fuyant la violence de territoires assiégés ou sous le feu des bombes, elle a ouvert en novembre un nouveau centre d’accueil.

Syria_Jaramana_drawing3.jpgLe centre propose une prise en charge d’urgence et un abri temporaire aux victimes, des jeunes souvent astreints aux pires formes de travail pour subvenir aux besoins de leurs familles. Ce centre a été ouvert en partenariat avec l’Unicef et pour l’heure il est déjà venu en aide à une centaine d’enfants dont la plupart viennent de la rue. Un programme spécifique a aussi été mis en place pour apporter une aide temporaire aux familles afin que leurs enfants soient libérés du travail et puissent reprendre le chemin de l’école. Mohammad Massoud, directeur du centre, déclarait récemment : « La plupart des enfants sont traumatisés par la guerre, sont sous pression pour trouver de l’argent, certains sont aussi victimes de maltraitances physiques et d’abus sexuels ». Il ajoutait : « Il est essentiel que nous soyons à même de pouvoir répondre à leurs besoins psychologiques, sanitaires, éducatifs et professionnels ». En effet, exposés aux pires violences et addictions de la rue, survivant dans des conditions exécrables, ils souffrent de sérieux problèmes.

Ouvert en permanence, 24h/24, le centre est un espace protégé où les enfants peuvent bénéficier des soins de base dont ils ont tant besoin. D’après les évaluations de SOS Villages d’Enfants Syrie, quelque 850 enfants et adolescents survivraient dans les alentours immédiats du centre qui se trouve non loin de la Ghouta orientale où d’innombrables enfants restent toujours en attente d’une évacuation médicale d’urgence. « Nous espérons toujours que la situation va se stabiliser. Quand cela sera le cas, des milliers de familles pris au piège dans des zones assiégées comme la Ghouta orientale auront d’urgence besoin d’aide. Nous voulons être prêts à aider ces familles et à accompagner les enfants avec un appui psychologique et social si important pour leur développement futur et leur santé mentale » affirme le directeur.