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22-10-2018

Réhabilitation d’une école à Alep-Est

La guerre a des conséquences dévastatrices sur l’éducation. Au Moyen-Orient, 22 millions d’enfants sont déscolarisés ou risquent de l’être. En Syrie, un enfant sur trois est privé d’école, un tiers des infrastructures ne sont plus opérationnelles. La situation est particulièrement dramatique dans la ville martyre d’Alep, plus encore dans ses quartiers Est anéantis en 2016. Dans cette ville devenue champ de ruines, 70% des infrastructures scolaires ont été détruites ou fortement endommagées, quelque 550 écoles ont dû fermer leurs portes.

Dans les quartiers d’Alep-Est, la vie tente de reprendre son cours. Peu à peu, familles et enfants retrouvent les gestes du quotidien. SOS Villages d’Enfants Syrie qui avait dû arrêter ses programmes - un espace ami des enfants et un centre d’accueil temporaire pour enfants non accompagnés - a pu l’an dernier rouvrir deux espaces amis des enfants, réhabiliter la Jibrien School (pour 800 enfants) située en zone rurale mais aussi démarrer la reconstruction d’une autre école, la fameuse Al Thawra Banin School établie depuis 1964 à Alep-Est et qui a vu des générations entières d’étudiants en sortir diplômés. 

La guerre a détruit cet établissement à 85%. L’an dernier alors que SOS Villages d’Enfants Syrie évaluait les besoins des communautés dans les quartiers d’Alep-Est, la réhabilitation de cette école s’est imposée. Dès l’été 2017, le processus était lancé.

Après un an de travaux, Al Thawra Banin School vient de rouvrir ses portes, prête à accueillir 1.800 élèves par roulement matin et soir dans 19 salles de classes, 5 salles supplémentaires étant réservées à l’équipe enseignante. En août, à l’heure de son inauguration officielle, Hassan Al Sharif, directeur de l’école, témoignait : « Les élèves vont revenir et nous allons tous travailler pour libérer la charge émotionnelle négative qu’ils ont accumulée pendant les années de guerre. Je n’ai jamais perdu l’espoir, j’avais raison. SOS a eu un grand impact dans tout le quartier, pas seulement à travers l’école ! Ce lieu vit de nouveau ! ». Le 2 septembre, jour de rentrée, Farah, inscrit en troisième année, exprimait sa joie : « Mon frère et moi attendions depuis si longtemps. Il m’en a toujours parlé et j’ai toujours espéré que ce serait mon école ».

L’éducation est un droit fondamental et un puissant moyen de transformer les sociétés. Grâce aux efforts de SOS Villages d’Enfants et à ceux d’autres organisations, plusieurs écoles ont ainsi pu être reconstruites à Alep, ce qui a eu un impact sur le retour chez elles de 10.000 familles déplacées qui veulent préserver le droit à l’éducation de leurs enfants et les encourager à être courageux et plein d’espoir en un lendemain meilleur.

Copyright : Haj Ebraheem Fares