L’eau est précieuse, fragile et dangereuse

Publié le : 30-06-2020

Maimouna* et Mariama, deux sœurs jumelles de 9 ans, vivent avec leur mère Assanatou à Nkong-si, quartier mal desservi de la banlieue de Mbalmayo, une ville de la région du Centre du Cameroun, le long de la rivière Nyong.

Dans ces lieux isolés, l’eau est précieuse, fragile et dangereuse. Vestiges du passé, des bornes fontaines, rouillées et cassées, sont toujours exposées le long de l’unique route de Nkong-si mais la communauté n’a pas eu accès à l’eau potable pendant plus de dix ans. Les familles ont dû se tourner vers d’autres communautés pour remplir leurs seaux d’eau. Un problème qui a entraîné d’autres problèmes de taille comme le développement des maladies hydriques.

« Nous étions souvent malades et avions l’habitude de passer plusieurs jours à l’hôpital », dit Maimouna en s’approchant de sa sœur qui se cache derrière son épaule alors que les jeunes filles rentrent de l’école. Aujourd’hui, les choses ont changé et Assanatou peut aider ses deux filles. En effet, elle est soutenue par l’équipe du programme SOS de renforcement des familles depuis 2016. Tout a commencé quelques mois après qu’elle ait perdu son mari et alors que la famille était sur le point de se disloquer.

« Même s’il est minuit, si une de mes filles ne se sent pas bien, je sais maintenant quoi faire. Je peux aller voir l’équipe du programme de renforcement des familles avec mon enfant et son dossier de santé. L’équipe me transmet alors un petit papier que je peux donner à l’hôpital. Ce papier prouve que je fais partie du programme. Cela me permet de payer seulement 20% des frais d’hôpital, quel que soit le nombre de jours que nous y restons », explique Assanatou.

Au Cameroun, le manque d’eau potable figure parmi les causes principales de la mauvaise santé des enfants. Alors que la saison des pluies commence, les enfants risquent encore plus de contracter une maladie hydrique comme le choléra ou une infection diarrhéique ou encore la malaria transmise par les moustiques qui se reproduisent dans les eaux douces.
 
*Les noms ont été changés pour des raisons de protection.

© Photo: Moritz Elnrieder, Jean-Pierre Kepseu & Sebastien Taylor.