Le besoin de stabilité des jeunes Vénézuéliens non accompagnés

Publié le : 22-06-2020

Plus de quatre millions de personnes ont quitté le Venezuela et le HCR estime que 25.000 enfants et adolescents non accompagnés ont rallié des pays voisins pour fuir la violence et le chaos économique de leur pays.

Depuis août 2019, le gouvernement équatorien exige un visa, ce qui oblige les migrants à prendre des routes de traverse, plus dangereuses, pour entrer dans le pays. Quand ces jeunes atteignent leur destination, ils ont peu de chance de trouver un lieu de vie sûr et de pouvoir poursuivre leurs études. Ils doivent travailler pour survivre et n’ont guère la possibilité d’obtenir un statut de résident. Ils sont particulièrement vulnérables, exposés à l’exploitation et aux abus.

Raul, Lucía, Pablo et Marco qui ont tous quatre 17 ans, essayent de se fixer en Equateur où SOS Villages d’Enfants travaille en partenariat avec le gouvernement, des organisations locales et internationales pour proposer des services et une assistance aux jeunes.

A travers le programme SOS pour les jeunes migrants vénézuéliens, ils ont reçu un soutien pour leur demande d’asile, une aide individualisée pour pouvoir s’intégrer dans la communauté et un appui financier temporaire. Tout en essayant de les aider sur le plan émotionnel et de les soutenir financièrement, SOS Villages d’Enfants Equateur défend leurs droits à l’éducation et leur assure un accès aux soins de santé.

Découvrez l’histoire de Lucía et de Pablo qui racontent leurs inquiétudes et leurs projets d’avenir.

Lucía : « J’ai dû abandonner l’école et nous avons quitté le Venezuela mais je n’avais jamais imaginé que je devrais marcher autant et dormir dans la rue, surtout que j’étais enceinte. C’était une situation terrible, j’avais très peur. Aujourd’hui, mon copain et moi louons une chambre pas chère à Ibarra grâce à l’aide financière mensuelle que nous recevons. Elle nous permet aussi de subvenir aux besoins du bébé. Mon copain vend des sucreries dans la rue mais moi je ne peux pas travailler parce que je dois m’occuper de mon bébé qui n’a que trois mois. Je participe à un atelier sur l’éducation parentale positive pour apprendre comment élever ma fille et j’espère que je pourrai bientôt finir mes études au lycée. Si je n’ai pas le choix, j’emmènerai mon bébé avec moi en classe car finir l’école est la seule façon de pouvoir trouver un boulot décent. Le mieux que je puisse faire est d’aimer ma fille et de m’occuper d’elle. Elle est ma motivation ».

Pablo : « Du Venezuela, je suis arrivé en Equateur après des jours de marche. Les nuits dans la ville de Tulcán sont froides. J’ai dormi dans la rue quatre nuits durant jusqu’à ce que j’entende parler de différentes organisations qui aident les migrants. J’ai un enfant de trois ans resté avec ma mère au Venezuela. Je dois trouver un boulot stable pour pouvoir leur envoyer de l’argent. J’aide un ami coiffeur, j’apprends beaucoup mais ce n’est pas payé. Je suis aidé par un travailleur social SOS. Je compte suivre des cours intensifs pour enfin finir le lycée que j’avais dû abandonner au Venezuela pour commencer à travailler. Je vais aussi suivre des cours de coiffure, après quoi je travaillerai dans un salon et j’économiserai de l’argent pour ouvrir mon propre salon. Je suis venu ici avec des objectifs précis. J’enverrai de l’argent à mes proches et je serai un bon père pour mon enfant. Quand j’aurai ma propre entreprise, je ferai venir ma mère et mon enfant à Tulcán ».