Journée internationale de l'éducation

Publié le : 24-01-2020

 « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ». Ces mots prononcés par Nelson Mandela ne pourraient être plus propices lorsqu’on les applique à la vision d’un monde plus durable et équitable tel qu’envisagé par les Nations-Unies et ses 17 Objectifs de développement durable (ODD).

Afin de mettre en évidence le rôle de l’éducation pour la paix et le développement, l’Assemblée générale des Nations-Unies a proclamé le 24 janvier « Journée internationale de l’Education ».

Les programmes de développement des Nations Unies de ces deux dernières décennies soulignent le rôle prépondérant de l’éducation : Parmi les huit objectifs du millénaire des Nations-Unies (Millenium Goals 2000 – 2015), figurait l’éducation primaire pour tous. En 15 ans, les inscriptions dans les pays développés sont passées de 83% à 91%, le nombre d’enfants déscolarisés dans le monde a été réduit de moitié et le nombre d’élèves inscrits en école primaire en Afrique subsaharienne a doublé.

Lorsqu’en 2015, les Nations-Unies lancent l’Agenda 2030, l’éducation devient à nouveau une des cibles principales des pays du monde entier visant une éducation primaire et secondaire équitable et non-discriminatoire pour tous.

Les avantages de l’éducation tels que le développement intellectuel et les débouchés qui en résultent sur le marché du travail nous semblent évidents. Néanmoins, si on observe l’éducation de plus près, on constate qu’elle a des effets positifs sur le développement en général et la capacité de résoudre des problèmes structurels.

L’Education a ainsi des implications directes sur les autres objectifs et permet de réduire la pauvreté (ODD1), la famine (ODD2), la discrimination (5) et les inégalités (ODD 10) pour en citer que quelques-unes. Au-delà, l’éducation représente l’outil le plus efficace afin de créer des citoyens responsables et conscients des enjeux planétaires ainsi que des répercussions de nos modes de vie et de nos actions sur le développement durable.

Bien qu’une nette amélioration s’affiche au niveau du nombre d’enfants scolarisés et de la réduction des inégalités de genres, les objectifs restent loin d’être atteints. Aujourd’hui, un enfant sur cinq âgé entre 6 et 17 ans n’est toujours pas scolarisé et 750 millions d’adultes sont encore illettrés dont deux tiers sont des femmes.

Les raisons sont multiples : la pauvreté oblige les enfants à contribuer au revenu familial, des traditions socio-culturelles discriminatoires tels que le mariage précoce prive les filles d’une éducation scolaire et les catastrophes naturelles, les guerres et la violence empêchent les enfants de fréquenter leurs cours. Et les chiffres restent choquants. On estime que plus ou moins 150 millions d’enfants sont impliqués dans du travail d’enfant, 15 millions de filles sont mariées de force chaque année et que plus ou moins 4 millions d’enfants et jeunes réfugiés sont déscolarisés.
L’éducation fait malheureusement partie des cibles principales lors des conflits armés et a fait l’objet de 12700 attaques entre 2013 et 2017 faisant quelques 21000 victimes parmi les élèves et le corps enseignant. C’est dans ce contexte qu’à ce jour, 101 pays ont signé la « Safe Schools Declaration » à travers laquelle ils s’engagent à protéger les élèves et étudiants lors de conflits armés et de protéger les écoles d’une éventuelle utilisation à des fins militaires.

Même lorsque le chemin vers l’école est assuré, de nombreux enfants restent confrontés à un autre obstacle: l’éducation de qualité. Les dernières statistiques soulignent l’état inquiétant dans lequel se trouvent les écoles dans les régions les moins développées du monde. En Afrique subsaharienne, plus que la moitié des écoles n’ont pas accès à de l’eau potable et à des installations sanitaires de base et n’ont ni ordinateurs, ni connexion Internet.

De plus, les classes sont souvent surchargées et les enseignants non qualifiés. On estime que 85% des enseignants dans le monde ont achevé une formation adéquate avec seulement 64% d’enseignants qualifiés en Afrique subsaharienne.

Quelles actions pouvons-nous, citoyens, entreprendre afin d’atteindre l’objectif ambitieux d’une éducation de qualité pour tous? Outre soutenir des associations philanthropiques, nous pouvons monter au créneau et augmenter la pression sur les gouvernements qui investissent trop peu dans le secteur de l’éducation. Nous devons dénoncer les législations qui autorisent toujours le mariage précoce et dénoncer les pratiques socio-culturelles qui nuisent non seulement à la santé mais empêchent également aux enfants de poursuivre leur scolarité. Promouvoir l’importance de l’éducation et éveiller une prise de conscience auprès des communautés locales sur le cercle vicieux de la pauvreté qu’engendre le manque d’éducation est une obligation que nous devons tous porter envers les droits fondamentaux et la dignité de chaque enfant.

A l’occasion de cette journée mondiale de l’éducation, rappelons-nous donc des opportunités que nous offre l’éducation, mais également des obstacles qui restent à surmonter. Aujourd'hui, nous élevons la voix des 250 millions d'enfants dans le monde qui n'ont pas la possibilité de recevoir une éducation. Une éducation de qualité est intégrée à tous nos programmes. Là où des écoles appropriées ne sont pas en place, nous assurons la scolarisation de 98 000 enfants. Grâce à l'éducation, les communautés prospèrent et les enfants peuvent devenir plus forts.


© photo : Jacobsen Jacob Stærk