Syrie : le soutien de SOS au milieu de la crise

Publié le : 27-09-2019

Le conflit syrien est la plus grave crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale, l’une des plus complexes aussi. Depuis que le conflit a éclaté en mars 2011, la Syrie a connu une dévastation et un déplacement sans précédent. Selon la Banque mondiale, plus de 400 000 personnes ont perdu la vie. Plus de 5 millions de Syriens ont fui le pays et 6 millions sont déplacés à l'intérieur du pays. En nombre, les enfants et adolescents constituent la moitié des déplacés. Avec plus de 13 millions de personnes ayant besoin d'assistance, le conflit a causé des souffrances indicibles à des hommes, des femmes et des enfants syriens.
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En dépit d'une réduction des hostilités dans certaines parties du pays, des combats intenses ont eu lieu en 2018. Dans de nombreux cas, les hostilités ont eu un impact immédiat sur la vie des civils, faisant des morts et des blessés, provoquant des déplacements à grande échelle, des dégâts matériels et des infrastructures civiles, notamment des écoles, des hôpitaux/centres de santé et d’autres services nécessaires à la vie quotidienne. 69% de la population vit dans des conditions d’extrême pauvreté, 10,5 millions de personnes ont besoin d’assistance alimentaire et 11,3 millions, de soins médicaux.
En raison de cette situation, un nombre croissant de familles ont été obligées de faire des choix de plus en plus négatifs et risqués, tels que la séparation de la famille, le travail des enfants, le mariage forcé et/ou précoce, entre autres.
 

Des enfants fortement exposés
 
40% des personnes dans le besoin sont des enfants. Ces enfants font face à des risques accrus de violence et d’exploitation, voire de recrutement dans les groupes armés. Au 1er semestre 2017, on dénombrait 1000 cas de violations graves des droits des enfants. Le taux de chômage des jeunes est de 75%. Dans 69% des communautés, les mariages précoces sont un sujet de préoccupation.
Dans ce contexte, les enfants et les jeunes séparés de leur famille et non accompagnés sont exposés à des risques plus importants encore : déplacement et perte de foyer stable, traumatismes et abus dans un contexte de violence où tout est permis, pauvreté empêchant la couverture des besoins essentiels, perte de repères, d’éducation et de scolarité pour se construire. Il est impératif de tout faire pour les réunir avec leur famille, lorsque cela est possible.
 
L’action de SOS Villages d’Enfants Monde en Syrie

tpa-picture-67659.jpgEn raison de ces calamités sans précédent, SOS Villages d'Enfants Syrie, avec l’appui de SOS Villages d’Enfants Monde, a lancé son programme de secours d'urgence en 2013. Après la mise en place d’un plan d’action pour des familles déplacées internes à l’hiver 2013-2014, un deuxième volet de son programme recentré sur la protection de l’enfance a été lancé à l’automne 2014 et s’est achevé en mars 2016. Il s’est déployé à Damas, dans le gouvernorat rural de Damas, à Alep, à Homs et dans la zone côtière près de Tartous. Il a porté sur la protection et la prise en charge d’enfants non accompagnés, l’accueil de jour des enfants, la distribution alimentaire et un appui nutritionnel aux enfants malnutris, via des partenaires médicaux.
 
Aujourd’hui, le projet d’aide d’urgence engagé en Syrie vise à soutenir le processus de réunification d’enfants séparés de leurs familles biologiques ou non accompagnés en raison du conflit. Familles et enfants seront ensuite appuyés pendant 6 mois pour que le risque de perte de prise en charge parentale diminue significativement. Ce programme pourra se déployer partout où SOS Villages d’Enfants Syrie est présente : Damas, Gouvernement rural de Damas, Tartous, Alep, Lattaquié, Homs et Hama.

Syria_Damascus_ERP_Reunification_5.jpgGrâce à ce soutien, plus de 140 enfants séparés de leur famille biologique en raison du conflit armé seront réunifiés avec celles-ci. Le projet vise à assurer un renforcement individuel adapté des familles et des enfants pour favoriser la réunion sous le même toit mais également, à plus long terme, garantir les conditions réduisant un risque de nouvelle séparation, tout en assurant aux enfants l’accès aux besoins de base (logement, pièces d’identité, santé, vêtements), et au système éducatif. Enfin, pour les enfants qui souffrent de traumatismes liés à la guerre et/ou à la séparation, un travail avec des psychologues et suivi par des travailleurs sociaux est prévu.

Photos : ©Haj Ibraheem Fares

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