Liban : maintenir l’éducation malgré les conflits

Publié le : 05-09-2019

En ce début de mois de septembre, nous avions à cœur de mettre l’éducation à l’honneur en vous présentant notre projet au Liban.
 
Le Liban compte 6,2 millions d'habitants, dont 2,2 millions à Beyrouth, la capitale. Sa population est mixte et comprend les musulmans chiites, sunnites, chrétiens et druzes comme principaux groupes de population.
 
SOS Villages d'Enfants au Liban

C’est à la fin des années 60 que SOS Villages d'Enfants Liban a commencé ses interventions en faveur de la protection des enfants,  des jeunes et des familles. En 1969, un premier Village d’Enfants pouvant accueillir jusqu’à 106 enfants a été ouvert à Bhersaf. En 1975, c’est à Beyrouth qu’un Centre Social SOS a été ouvert pour soutenir des familles et renforcer leurs capacités à mieux prendre en charge leurs enfants. Un service de soutien psychosocial a également été rendu accessible aux 525 bénéficiaires de ce programme. Ensuite, en 1982, au Sud du pays à Sferai, un deuxième Village d’Enfants pouvant accueillir jusqu’à 90 enfants ainsi qu’un Jardin d’Enfants ont été mis en fonction. Le troisième Village d’Enfants a été ouvert à Kfarhay en 1995 et, en 2005, un Village d’Enfants a été ouvert à Ksarnaba dans la plaine de la Bekaa.

IMG_6788.jpgAujourd’hui, c’est donc un total de 4 Villages d’Enfants, 7 Foyers de Jeunes, 2 Jardins d’enfants, un Centre de formation et 4 Centres Sociaux qui supportent directement, au Liban, 1.368 enfants et jeunes encadrés par un personnel qualifié comptabilisant 135 collaborateurs.
 
De plus, au cours des dernières décennies, nous avons également contribué à fournir une assistance lors de la série de conflits violents qui ont affecté le pays. En effet, en raison de sa situation géographique, le Liban a souvent été affecté par les conflits au Moyen-Orient. Il a reçu plusieurs grandes vagues de réfugiés palestiniens. Récemment, environ un million de réfugiés sont arrivés de Syrie.
 
Un pays faisant face à de nouveaux défis
 
Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, la population libanaise traverse une période de plus en plus difficile. Les tensions politiques et les problèmes de sécurité ont entraîné une chute de la croissance économique.
L’ensemble des acteurs estime, aujourd’hui, la population syrienne réfugiée au Liban à environ 1.500.000 personnes, dont plus de 50% de mineurs, filles et garçons. La plupart de ces réfugiés finissent par vivre dans des zones urbaines. Ils occupent illégalement des logements dans des conditions de surpeuplement, souvent dans les ruines de maisons et n'ont pas accès à des toilettes ni à de l'eau potable.
 
Les enfants au Liban en besoin de protection
 
Les enfants libanais ont été particulièrement touchés par les derniers conflits. Au cours des dix dernières années, le nombre d’enfants maltraités a augmenté. Beaucoup d'enfants sont exploités et contraints à travailler. Ils livrent des courses, travaillent dans des ateliers ou ramassent des ordures en vue de leur recyclage. Les filles sont souvent vendues par leurs parents pour travailler comme domestiques.
 
En ce qui concerne les enfants syriens, environ 400 000 d’entre eux sont réfugiés au Liban. Beaucoup ont voyagé sans leur famille. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires, environ 50% de ces enfants et jeunes syriens ne fréquentent pas du tout l’école. Pour survivre, ils travaillent également dans la rue: mendiant, vendant de petites marchandises ou ramassant des ordures.
 
De plus, lorsqu’ils sont scolarisés, la majorité de ces jeunes syriens souffrent de traumatismes consécutifs aux situations qu’ils ont vécues, traumatismes qui exigeraient une prise en charge spécifique, loin d’être accessible dans ces établissements. Par ailleurs, au Liban, le taux de chômage est de 29% chez les jeunes de 15 à 24 ans et le marché de l’emploi n’offre pas de réelles perspectives pour ceux qui ne disposent pas d’un diplôme ou d’un métier. De ce fait, les opportunités d’emploi pour les jeunes syriens sont très faibles et ce phénomène est accentué par le manque de formation.
 
Sans éducation ou formation professionnelle, ces enfants risquent d'être soumis à un travail dangereux, de se marier trop tôt ou même d'être enrôlés dans des groupes armés ou des spirales comportementales négatives. Les jeunes réfugiés au Liban sont donc extrêmement frustrés de ne pas avoir accès à une éducation de qualité, à des services de base et de protection et à un emploi ou des opportunités pour pouvoir gagner leur vie.
C’est donc bien l’éducation qui est au centre de nos préoccupations dans ce pays en crise.
 
L’action de SOS Villages d’Enfants Monde au Liban
 
IMG_7036.JPGDepuis 2013, le programme d'urgence SOS soutient les réfugiés arrivés de Syrie au Liban et offre un soutien aux jeunes jusqu'à ce qu'ils soient capables de vivre de manière autonome. Une grande attention est accordée à l’éducation et à la formation pour leur permettre de trouver un emploi.
Le projet vise à proposer des formations adaptées à 770 enfants et jeunes réfugiés syriens et issus des familles libanaises vivant dans la plaine de la Bekaa et affectés par la crise syrienne. Ce projet vise donc deux types de bénéficiaires :
     - les familles syriennes vulnérables réfugiées dans la région de Bekaa, subissant des conditions de vie difficiles et n’ayant pas d’opportunité d’emploi et
     - les libanais défavorisés des communautés d’accueil dont la vulnérabilité préexistante se trouve exacerbée par l’afflux de réfugiés.
Grâce à ce projet d’éducation, ces 770 enfants, de 6 à 21 ans, reçoivent des cours de compétences de vie, une initiation à l’informatique, un enseignement de base combiné à un soutien psychosocial ou une formation professionnelle pratique, afin de renforcer leur résilience et de faciliter leur employabilité. Plus qu’une réponse à la situation d’urgence que connait cette région aujourd’hui, ce soutien va donc permettre d’améliorer la qualité de vie de ces enfants et de leurs familles à long terme.
 
Photo de couverture: Zeinab Toueini

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