Donner aux enfants les moyens d’autonomiser les autres

Publié le : 27-08-2019

Amelia* (17 ans) et Angela* (16 ans) sont deux sœurs vénézuéliennes qui, en tant que défenseuses des droits de la communauté, autonomisent les enfants d'Uribia, en Colombie. Comme elles, 180 jeunes hommes et femmes de neuf communautés différentes de la région nord-est de La Guajira, en Colombie, créent un réseau de soutien pour le nombre croissant de familles de migrants originaires du Venezuela voisin.
 
À Uribia, un groupe de 30 jeunes défenseurs de la communauté, comme Amelia et Angela, se réunissent une fois par semaine à l’Espace Amis des Enfants du Village SOS. Les travailleurs sociaux SOS partagent avec eux des leçons sur différents sujets liés à leur vie quotidienne, tels que la discrimination, la violence, l'égalité des sexes, le multiculturalisme. Plus tard dans la semaine, ces jeunes hommes et femmes doivent transmettre ce qu’ils ont appris à d’autres enfants par le biais d’activités de leur choix, comme des représentations théâtrales, de la danse, des chansons, du mime, etc.
 
Le but de cette initiative est de responsabiliser ces jeunes afin qu'ils autonomisent eux-mêmes les enfants plus jeunes de leur communauté. De plus, ces défenseurs convoquent d'autres familles et enfants de la région qui ne font pas encore partie de ces activités pour qu’ils puissent y participer.
 
«Nous considérons ces jeunes défenseurs comme faisant partie de l’équipe. Nous les préparons car ils connaissent la communauté, sa dynamique et ses valeurs», a déclaré Estefania Jaramillo, assistante sociale chez SOS. «Ils sont les premiers à approcher les familles, ils invitent les enfants dans les Espaces Amis des Enfants SOS. Ensuite, nous rendons de nouveau visite aux familles pour renforcer leur travail.»
 
Amelia et Angela disent qu'elles attendent toujours avec impatience le jour où elles pourront jouer avec les enfants. Elles aiment être des défenseuses de la communauté car, comme elles le décrivent, c'est une façon amusante d'aider les autres et de leur donner de l'optimisme.
«J'aime aider les parents et les enfants. Je pense que cela m'aide également à me préparer à l'université et à devenir une professionnelle », déclare Angela.

Une famille unie

Ces deux jeunes femmes sont arrivées à La Guajira il y a trois ans. Leurs parents et cinq frères et sœurs plus jeunes les attendaient à Uribia. Aujourd'hui, la famille partage une pièce modeste dans une petite maison qu’elle partage avec quatre autres familles vénézuéliennes. Ils sont 26 personnes au total. Comme la plupart des migrants vénézuéliens dans la région, ils luttent pour survivre: leur mère est au chômage et leur père trouve des emplois occasionnels comme ouvrier du bâtiment. **

Amelia et Angela n'ont pas pu aller à l'école avant cette année en raison du manque d'espace dans les établissements d'enseignement de la région. Heureusement, aujourd'hui, elles sont toutes deux en première année au collège et sont des élèves exceptionnelles, en tête de leurs classes.

En tant que sœurs aînées, elles sont conscientes des problèmes de leur famille et peuvent voir leurs parents s’inquiéter s’ils ne peuvent pas obtenir d’argent pour la nourriture ou l’eau, un luxe dans ces terres arides. Mais les deux filles ont comme objectif très clair de soutenir leur famille à l'avenir. Amelia veut être bactériologiste pour étudier et guérir des maladies, tandis qu'Angela est attirée par la loi. Lorsqu'elles atteindront leurs objectifs de carrière, elles rêvent d'acheter à leur famille une maison où ils pourront être plus à l'aise.

«Il est difficile de quitter le lieu de votre naissance, où vous avez été élevée et grandi», déclare Amelia «Mais avec cette expérience, nous avons appris à rester unis en tant que famille. La famille est la chose la plus importante pour nous. »
 
* Les noms des enfants ont été modifiés pour protéger leur vie privée
** Actuellement, la famille est bénéficiaire du programme d’aide d’urgence de SOS Villages d’Enfants. Elle reçoit une aide alimentaire et des fournitures scolaires. De même, ils reçoivent des visites régulières de l'équipe SOS et le reste des enfants se rend à l'Espace Amis des Enfants SOS.

Crédit photo: Alejandra Kaiser