La ville qui coule

Publié le : 31-01-2019

Comment SOS Villages d'Enfants apporte son aide dans les foyers inondés d'Indonésie


À Semarang, une ville portuaire de l'île indonésienne de Java, des quartiers entiers de la ville s'enfoncent dans la mer. Pour la famille de la petite Dinda, impossible de déménager: ils ne possèdent rien à part leur terrain et leur maison. Donc, ils vivent avec et dans l'eau. Chaque jour.

Devant les maisons de l’agglomération de Desa Sajung, des paquets de bâtons d'encens brûlent. Ils couvrent à peine l'odeur d'humidité et de pourriture. Une maison sur deux est vide, les fondations remplacées par une énorme flaque d'eau. C'est l'heure du déjeuner.

"Le matin, vers cinq heures, vient l'eau", explique Safa, qui vit avec ses enfants à Desa Sajung depuis cinq ans. "Quand la lune est pleine, c'est le pire : l’eau peut atteindre un mètre."
Elle pointe du doigt sa maison où sa fille Dinda, âgée de onze ans, a les pieds dans l'eau et réchauffe son déjeuner. Les lits sont surélevés et tous les biens de la famille sont rangés sur des podiums qu’ils ont construits eux-mêmes.
Six personnes habitent dans cette surface d’environ 70 mètres carrés: Safa, ses trois filles, son mari et son beau-frère. La maison n'a pas de toit et la feuille de plastique qui la recouvre ne retient que de faibles pluies.

D’où vient cette eau ?

"L'eau vient de partout", a déclaré Yani Tejo, directrice des programmes familiaux SOS à Semarang. "Du ciel pendant la saison des pluies, de la mer tous les jours, c'est insalubre, les familles sont malades et c'est dangereux: des serpents d'eau nagent dans les maisons."

Depuis environ cinq ans, l’agglomération de Desa Sajung, à la périphérie de Semarang, est inondée. Avant ces inondations, on y trouvait des terres bon marché. C’est pourquoi de nombreuses familles de la classe ouvrière s'y installèrent. On ne connait pas exactement les causes de ces inondations. Certains blâment le changement climatique, d’autres l’installation portuaire, construite il y a cinq ans. À travers ses fortifications massives, elle pousse l'eau jusqu'à Desa Sajung. Certains pensent également que l'industrie aspire trop d'eau souterraine ce qui provoque l'effondrement du sol argileux et son affaissement.

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Fondations d’ordures

Beaucoup de familles ont surélevé leurs maisons: elles n'ont pas assez d'argent pour le faire correctement alors elles ramassent les ordures et les recouvrent de béton.
"Élever une maison pour que l'eau n’y coule pas coûte l'équivalent de 1 500 euros", explique Yani Tejo. "Parfois, le gouvernement prend en charge une partie des matériaux de construction mais les familles doivent recueillir elles-mêmes le reste de l'argent. Elles gagnent entre 500 et 700 euros par mois. Il ne reste donc souvent pas assez d’argent pour payer la scolarité des enfants."

Frais de scolarité des enfants

C’est là que SOS Villages d’Enfants intervient: SOS Villages d’enfants paye les frais de scolarité de Dinda et ses sœurs. Elles reçoivent également des fournitures scolaires et une aide aux devoirs. En outre, la famille obtient un microcrédit afin de pouvoir surélever leur maison. "Les familles ne peuvent pas déménager", explique Yani Tejo, "les prix ont augmenté, personne ne peut se permettre une nouvelle propriété".

"Quand j'aurai fini mes études", explique Dinda, "je veux être médecin. Nous aurons alors assez d'argent pour partir d'ici."

Traduit de l’allemand